Abus de muse
I)
Vêtue de longue robe blanche
Cerclée dun halo de lumière,
Elle passe par ma chaumière
Méclairer de ses yeux pervenche.
Ses yeux, reflet de lunivers,
Sa bouche, corne dabondance,
Sur mon esprit sont providence
Pour dicter ces limpides vers.
Mais quand des mots je massagis,
Cest un vif sursaut dénergie.
Intense flamme de passion.
Au triste son des cornemuses,
Jamorce mon ascension
Vers le paradis, vers ma muse
II)
Ô Polymnie, je ne suis quun indigne Orphée,
Un candide, un simple novice qui espère
Trouver la noblesse et finalement se perd.
Retrouvant le néant au lieu du coryphée.
Je ne suis quune brute, un sauvage irascible
Forban sans tact, brigand sans cur, vil créature,
Qui force ses visions et qui les dénature.
Et pour trois vers, trois fois poignarder lindicible !
Car ma muse naccepte pas quon lui arrache,
Ses bouts de rêve quelle garde avec panache.
Car en ma pensée, deux puissants esprits sescriment,
Naïade et Néréide, démon ou génie
Louant ou blasphémant lApollon des nénies.
Et la couardise me garde au pied des rimes.










